Chorégraphie : Annabelle Bonnéry
Assistant mise en scène et scénographie :
François Deneulin
Création musicale : Louis Paralis
Création lumière : Sylvain Fabry
Quatuor
de 20 minutes
" L
ne comprend décidément pas E .
Pourquoi passe-t-elle autant de temps dans cette salle de
bain
Ne pourrait-on pas arriver enfin à l'heure ?
Cette fête de fin d'année s'annonce bien difficile,
encore une fois E .
va faire la reine de la soirée, les autres, les autres
hommes n'auront d'yeux que pour elle, les femmes la jalouseront,
encore une fois. Pourquoi n'est-elle pas plus simple et
discrète ?
Toujours vouloir plaire, se mettre en avant.
Je le sens, il piaffe
; il est déjà prêt et il va encore me
faire une scène. Il aurait pu faire un effort, se
coiffer un peu mieux, mettre un autre pantalon, une vraie
chemise pour une fois.
Enfin, ce n'est pas grave, il devrait y avoir Jean-Claude
ce soir, nous pourrons partager notre discussion. Je crois
aussi qu'il y aura également Pierre et René.
Si L . n'est pas trop
fatigué, comme souvent, je pourrais peut-être
danser toute la nuit avec eux. Les bras de Pierre sont si
doux. Dommage.
Tiens, il y a S .
et T ., quel beau
couple. Ceux-là ont l'air d'être vraiment heureux.
Il est mignon T "
Deux couples se préparent
à la fête et vont se retrouver dans un même
espace. Cette soirée sera-t-elle le lieu et l'instant
d'un questionnement sur leur relation, sur leurs envies et
leurs désirs ? L'espace de la fête donne-t-il
l'occasion de franchir la ligne rouge de l'infidélité
?
Le premier couple est en tension, la question
du désir n'est jamais abordée mais reste omniprésente
pour les deux. Elle est si forte qu'il leur est devenu impossible
de la communiquer. Ils ne se comprennent plus et chacun
se réfugie dans un rapport sous tension.
Elle est très extravagante, lui se
ferme et jalouse l'attention qu'elle porte aux autres hommes.
Leur relation est construite de mouvements arrêtés,
directs, secs où la relation se traduit par une très
grande dureté de part et d'autre.
Elle est rapide, nerveuse, chaotique à la limite
de l'hystérie. Mais elle reste aérienne dans
l'idée de ce qu'elle pense d'elle. Tout est impulsé
par le haut du corps, par sa présence orale.
Lui s'est recroquevillé, il s'est fermé sur
lui-même et laisse transparaître sa nervosité
par de nombreux signes d'impatience.
Leur couple est dans une discussion sèche, énergique
et vive sans contact physique prolongé, sans tendresse.
Il viendra petit à petit remplir l'espace sonore
de l'autre couple et le modifier.
Le deuxième
couple est dans une complicité partagé. Leur
gestuelle s'appuie sur un jeu de vide et de plein à
chaque fois comblé, satisfait. Il manque, elle donne,
il donne parce qu'il lui manque. Le vide se remplit de leur
regard et de l'attention porté à l'autre. Ils
sont deux mais ne forment qu'une unité où le
lien physique (sensuel) et la tendresse du rapport articule
une relation dans un mouvement régulier (circulaire)
les conduisant du sol à la verticale.
Lorsque le premier couple viendra interférer dans leur
unité, la question de la fidélité se
posera pour elle.
Ce premier amour doit-il durer éternellement, ne faut-il
pas découvrir (consommer) d'autres relations pour ne
pas avoir manquer quelque chose ? Peut-il rester l'unique
? Cette relation est-elle assez riche ?
La pièce s'organisera en trois instants,
situés à l'orée de cette soirée
:
· l'intimité des couples ;
· l'interférence et les questionnements qui
sortent. Le parcours solitaire de chacun au cur de
leurs relations altérées, devenues incertaines
avec des instants exaltés. Une danse à quatre,
très aérienne, festive, enivrante où
chacun s'oublie. Elle s'imposera dans l'espace et sera ponctuée
par des complicités inter-couple, par leurs maladresses
dues à des incompréhensions et des contretemps
;
· le dévoilement d'une solitude fragile, douloureuse.
Quatre regards, quatre identités
restent suspendus entre fantaisies et raisons